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LA CONSOMMATION DE PROTÉINES CE QUE J'AI APPRIS
Untitled Document
LA CONSOMMATION DE PROTÉINES
CE QUE J’AI APPRIS
PAR DORIAN YATES
AVEC BRIAN BATCHELDOR
Un guide de pointe des suppléments protéinés élaboré par
un sextuple champion Olympia
Les protéines sont le fondement même du régime des
culturistes. Très tôt dans ma carrière de bodybuilder,
j’ai construit
ma démarche d’entraînement “pure et dure.” Par
contre, mon régime (notamment mon apport protidique) a toujours fait l’objet
d’expériences et de mises au point. À l’époque
où je faisais de la compétition, j’avais la possibilité de
passer beaucoup de temps à l’étranger, en particulier aux États-Unis.
J’ai eu l’occasion de consulter certains des experts en nutrition
les plus calés de la planète: cet atout est devenu un facteur crucial
dans la domination que j’ai exercée sur le bodybuilding pendant
six ans. À présent, pour la première fois, je vais vous
dire ce que j’ai découvert sur la consommation des protéines
et comment j’ai appliqué ces connaissances à ma propre préparation
au concours Olympia. Le secret était de déterminer la quantité adéquate
de protéines à consommer et d’identifier les meilleurs types
de protéines à prendre à divers moments de la journée.
UNE QUESTION DE CHIFFRES Une des questions que l’on me pose le plus souvent
au cours de mes séminaires est Combien de grammes de protéines
un bodybuilder doit-il prendre tous les jours? Malheureusement, le culturisme
est envahi d’idées fausses, de pseudoscience et d’intox depuis
des années. Aujourd’hui, il y a encore des gens qui croient que
le corps ne peut assimiler que 30 g de protéines toutes les trois heures.
Cette affirmation complètement dépassée n’est pas étayée
par la plus infime des preuves scientifiques. En fait, de nombreuses études
ont démontré que même des sujets sédentaires peuvent
absorber des apports protidiques très largement supérieurs à ce
chiffre.
D’un autre côté, citer l’énorme quantité de
protéinés avalées par les bodybuilders pros — certains
prétendant en prendre 500 g par jour, voire plus — ne contribue
pas forcément à balayer ce mythe des 30 g. Des apports aussi considérables
ne vont pas obligatoirement de pair avec une utilisation efficace des protéines.
En effet, les détracteurs (dont plusieurs instituts des sciences du sport)
ont affirmé que de tels excès peuvent nuire à la performance:
tel est essentiellement leur argument contre une surconsommation de protéines.
Cela se défend peut-être, mais les effets dépendent énormément
de l’activité pratiquée, des sources protidiques utilisées
ainsi que de la teneur en lipides et en glucides du régime alimentaire
suivi. Ce sont ces éléments que je vais examiner dans le détail.
Quand je faisais de la compétition, j’étudiais toutes les
recherches réalisées sur la consommation des protéines.
L’apport journalier recommandé est à peine de 0,8 g par kilo
de poids de corps (soit moins de 80 g de protéines pour un bodybuilder
de 100 kg), mais des travaux plus poussés sur les athlètes recommandent
entre 1,8 et 3,3 g de protéines par kilo de poids de corps. J’ai également
consulté des études que je considère comme particulièrement
pertinentes et qui ont été menées dans les pays de l’Est
sur des haltérophiles olympiques. Comme le bodybuilding, l’haltérophilie
est un sport anaérobie. Par contre, les haltérophiles olympiques
suivent des protocoles d’entraînement stricts qui peuvent compter
trois séances quotidiennes, soit jusqu’à six heures d’haltérophilie
par jour. Ces recherches indiquaient qu’un apport protidique d’au
moins 3,3 g/jour par kilo de poids de corps contribuerait à réduire
les effets du catabolisme induit par un entraînement aussi conséquent.
Enfin, j’ai passé en revue tous les articles publiés par
deux des chercheurs les plus respectés dans le domaine de la musculation:
le Dr Jim Wright (ancien rédacteur scientifique de l’édition
U.S de FLEX) et le Dr Mauro Di Pasquale, autorité en matière de
médecine du sport. Le consensus de ces deux experts (et ex-powerlifters)
est que, pour les athlètes de force, les haltérophiles, les powerlifters
et les bodybuilders, l’apport protidique doit être de l’ordre
de 3,3 g par kilo de poids de corps si l’on vise des résultats optimaux.
LE RÉGIME CULTURISTE ET LES AUTRES RÉGIMES Dans la plupart des
recherches mentionnées plus haut, les athlètes examinés
concourent habituellement dans des catégories de poids bien définies,
ce qui veut dire que leur poids de corps varie généralement peu.
Comme vous le savez, ce n’est pas du tout le cas des compétiteurs
de bodybuilding dont le poids peut fluctuer considérablement entre la
hors-saison et la période de pré-compétition.
Comme point de départ, je prenais 3,3 g par kilo sur la base de mon poids
hors saison qui était de 136 kg, même s’il atteignait parfois
143 kg. Cela correspondait à 450 g de protéines par jour que je
répartissais sur sept repas, dont ma boisson de post-entraînement.
Bien qu’ayant essayé des quantités plus élevés
(jusqu’à 4,4 g par kg de poids de corps), j’ai fini par opter
pour 3,3 g car j’avais constaté que des apports plus élevés
ne m’apportaient aucun avantage sur le plan du physique. Par ailleurs,
comme j’ajoutais jusqu’à 150 g de protéines par jour à mon
alimentation, il fallait que je compense cette augmentation des calories protidiques
par une réduction des calories glucidiques, ce qui avait incontestablement
une répercussion négative sur la qualité de mes séances
et sur ma récupération.
Pour tous les bodybuilders qui tiennent à sécher, qu’ils
fassent de la compétition ou non, il est capital de ne pas oublier que
le chiffre (450 g) auquel j’étais arrivé était basé sur
mon poids hors compétition et qu’il ne variait pas pendant les phases
de mon régime. À mesure que je peaufinais mon physique pour chaque
concours Olympia, les modifications de mon pourcentage de graisse étaient
réalisées exclusivement par une diminution de l’apport de
glucides. La proportion de graisses consommées se situait généralement
autour de 20% de mon total calorique dans les phases ultimes de ma préparation:
au cours de celles-ci, j’ajoutais des triglycérides à chaîne
moyenne en visant un ratio acides gras oméga 3 et acides gras oméga
6 de 2:1.
À
mesure que mon poids de corps baissait, ces 450 g/jour de protéines représentaient
plus que mes 3,3 g par kg de poids de corps, mais ils restaient malgré tout
dans les limites acceptées par les experts telles qu’elles avaient été définies
en fonction de l’augmentation du volume d’entraînement des
athlètes d’élite.
Au cours de la phase de pré-compétition, mon poids de corps diminuait
et, de ce fait, les protéines constituaient un pourcentage progressivement
plus important de mon apport nutritionnel. J’ai donc jugé important
d’augmenter nettement ma consommation d’eau afin d’éviter
le risque de plus en plus élevé de déshydratation. En outre,
l’hydratation favorise l’anabolisme musculaire. La synthèse
et l’assimilation des protéines seront influencées de façon
positive par une hyperhydratation: on veillera donc à boire énormément
d’eau. Grosso modo, un bodybuilder de 91 kg devra boire jusqu’à 4
litres d’eau par jour en période hors saison. Quand on commence à faire
un régime, il faut augmenter peu à peu la consommation d’eau
jusqu’à arriver à près de 6 litres d’eau au
plus fort du régime.
CHOIX DE PROTÉINES ALIMENTAIRES En matière de protéines
alimentaires, tous les bodybuilders ont leurs préférences, mais
au cours de la préparation de pré-compétition, vous constaterez
très peu de différences de régime entre les pros actuels.
Mon apport a toujours été constitué de sources protidiques
de qualité, principalement le blanc de poulet et de dinde, le bœuf
maigre, les protéines en poudre, les yaourts et les œufs (un jaune
pour quatre blancs). Je me suis rarement écarté de cette sélection,
même pendant la hors-saison.
Immédiatement après un entraînement, j’avalais environ
25 g de protéines sous forme de boisson spéciale comprenant de
la whey hydrolysée (protéine à assimilation rapide) et des
polymères du glucose. Il me restait alors 425 g à fractionner entre
les six autres repas. Pour trois de ces repas, les protéines étaient
fournies par les aliments cités plus haut, environ 60 g au petit déjeuner,
80 g au déjeuner et autant au dîner, mais j’y ajoutais aussi
des légumes. Pour le petit déjeuner, ces 60 g étaient apportés
par les œufs (3 jaunes et 12 blancs), les flocons d’avoine et les
yaourts. Pour les repas principaux, les 80 g environ de protéines étaient
fournis par environ 340 g de blanc de poulet, de blanc de dinde haché ou
de steak maigre.
À
la différence des autres bodybuilders, je n’étais pas d’avis
de baser le calcul de mon apport protidique journalier uniquement sur des protéines
de premier choix. Je prenais donc en compte des sources protidiques incomplètes
non carnées comme le riz et les flocons d’avoine. Dans mon régime,
il y avait une telle prédominance des protéines de qualité que
l’ajout de ces sources incomplètes contribuait probablement à une
amélioration de la valeur biologique de chaque repas.
DES ATOUTS LIQUIDES Néanmoins, comme ces trois repas principaux ne représentaient
que 220 g de mon total protidique journalier, il me fallait inclure des shakes
protéinés correspondant aux 205 g restants. Comme pour les protéines
alimentaires, le type de protéines contenues dans les shakes est également
capital. Mon expérience personnelle en est le témoignage. En 1992,
ma première victoire Olympia en Finlande m’a fourni un enseignement
précieux qui m’a amené à apporter deux modifications
fondamentales à ma démarche diététique, l’une
instinctive et l’autre purement expérimentale. Elles se sont traduites
par les changements radicaux de mon physique que le photographe Kevin Horton
a capturés en noir et blanc pour le magazine FLEX au cours de ma préparation à Olympia
1993.
Immédiatement après Olympia 92, il fallait que je sois disponible
pour des séances photo: je ne pouvais donc pas perdre ma forme. Étant
absolument épuisé et devant m’entraîner sans arrêt,
j’ai instinctivement augmenté un peu mes glucides. Je me suis aperçu
aussitôt que j’avais plus de volume, plus de densité et, croyez-le
si vous le voulez, une meilleure forme. J’ai également adopté un
nouveau supplément protéiné, simplement parce que bon nombre
d’autres bodybuilders l’utilisaient alors. Jusque là, j’avais
ingurgité de grandes quantité d’isolats de whey [lactosérum]
entre mes repas. Or, ce nouveau produit était à base de protéines
complètes du lait, comprenant donc caséine et lactosérum.
Auparavant, pendant les dernières phases de ma préparation, j’étais
fatigué et j’avais du mal à rester concentré. La fatigue
survenait vite dans mes séances, même si elles étaient brèves.
J’étais courbaturé en permanence, à tel point que
j’avais besoin de prendre une journée supplémentaire de repos
entre mes entraînements. J’attribuais toujours ce manque de tonus
au fait que ma ration glucidique était très faible. Pourtant, quand
je suis passé au mélange protéiné whey/caséine,
j’ai constaté tout de suite que je pouvais mieux retarder la fatigue
et que ma récupération s’était améliorée
de façon spectaculaire. Cela m’a fait réaliser à quel
point ces deux modifications, minimes en apparence, (une légère
augmentation des glucides et un changement de protéines) avaient contribué à transformer
mon physique.
Une explication possible est que le régime hyperprotéiné,
notamment quand il est associé à un apport glucidique très
faible, crée rapidement un environnement acide qui perdure. Cette acidose
métabolique entraîne un bilan azoté négatif en augmentant
la dégradation des protéines et/ou en diminuant la synthèse
protidique, plus spécialement dans les muscles squelettiques. D’après
certains experts, cet effet pourrait expliquer la baisse de performance dans
l’entraînement à haute intensité chez les athlètes
qui suivent un régime hypoglucidique (et c’était probablement
vrai dans mon cas).
J’ai réussi à résoudre le problème en optant
pour un supplément dérivé de protéines complètes
du lait. Comme la whey protéine est absorbée très rapidement,
une fraction importante de ses acides aminés est métabolisée à des
fins énergétiques, ce qui peut augmenter l’acidité dans
le corps. Par contre, comme la caséine est digérée plus
lentement, elle pourrait empêcher partiellement la formation des métabolites
acides pouvant résulter de la dégradation des protéines.
Bien des années plus tard, les progrès de la science des protéines
alimentaires allaient mieux expliquer les avantages d’un supplément élaboré à partir
de protéines complètes du lait. Examinant le concept scientifique
des protéines alimentaires “rapides” et “lentes,” les
toutes dernières recherches ont indiqué que même si la whey
stimulait mieux la synthèse protidique que la caséine, seule cette
dernière inhibait la décomposition des protéines. Sans le
vouloir, ces études avaient déclenché la polémique
whey/caséine.
PROTÉINES LENTES ET RAPIDES Il ne s’agit pas du tout de bonnes ou
de mauvaises protéines, la whey et la caséine ayant chacune leurs
avantages. J’ai déjà précisé que j’ai
recours à un produit spécial à base d’hydrolysat de
lactosérum après l’entraînement, quand il est impératif
d’apporter rapidement des protéines à l’organisme.
Pour réussir en bodybuilding, il est essentiel de savoir quand et comment
utiliser chaque forme de protéines. Pensez à associer le mot “lent” à “caséine” ou à “protéines
complètes du lait.” En effet, ce type de protéines est absorbé plus
lentement et plus régulièrement que la whey protéine parce
qu’il a tendance à former des grumeaux dans l’estomac. Il
faut donc plus de temps pour le dégrader et il en résulte une fourniture
lente et régulière d’acides aminés. Il vaut mieux
réserver ces protéines (caséine ou protéines complètes) à un
moment de la journée précédant d’au moins trois heures
votre prochain repas de protéines et également juste avant le coucher.
À
l’inverse, “whey” est synonyme de “rapide” car
les protéines du lactosérum sont digérées et assimilées
bien plus vite que celle de la caséine. Il est préférable
de prendre de la whey protéine quand on cherche à délivrer
d’urgence des protéines aux muscles, comme le matin au réveil
et immédiatement avant, pendant et après un entraînement.
L’utilisation correcte de ces deux formes de protéines vous aidera à être
plus fort et à devenir plus musclé.
LES PROTÉINES EN UN MOT Bien que la science des protéines continue
d’évoluer, nous disposons maintenant de toutes les informations
dont nous avons besoin pour formuler des recommandations définitives à l’usage
des bodybuilders. Assurez-vous de prendre beaucoup de protéines tous les
jours, jusqu’à 3,3 g par kilo de poids de corps. Privilégiez
toute une gamme de sources alimentaires et de shakes. Avant tout, ne perdez pas
de vue l’efficacité de la whey et de la caséine si elles
sont utilisées à bon escient. Mettez en œuvre ces stratégies:
vous verrez qu’elles auront un effet remarquable sur votre physique au
bout de quelques semaines. FLEX
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LE LEADER MONDIAL
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