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MUSCLEZ-VIUS COUCHÉ
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MUSCLEZ-VOUS COUCHÉ
PAR GREG MERRITT
Il est temps de ressusciter l’élévation latérale couché
Allez fouiner un peu du côté des “objets trouvés” du
bodybuilding: peut-être y découvrirez-vous quelques curiosités?
Vous risquez de trébucher sur des haltères à boules ou sur
une bobine Andrieux (rien à voir avec une bobine d’allumage!). Les
boîtes de comprimés de foie séché et d’extraits
de glandes de taureau ainsi que les cartons de baggies aux motifs farfelus sont
empilés les uns sur les au-tres. Dans un coin qui sent le moisi, il y
a des poses d’autrefois, quasiment oubliées: l’archer, la
rétraction abdominale, le double biceps en fente latérale, buste
de profil. Toutefois, la catégorie qui vous fera vraiment “craquer” est
celle de tous ces exercices qui étaient jadis des classiques de l’entraînement
et qui sont quasiment oubliés aujourd’hui, comme le pull over avec
haltère, l’épaulé avec quart de squat et le Zottman
curl. D’ailleurs, qui était Zottman?
UNE TROUVAILLE L’élévation latérale couché est
l’exemple parfait de ce type d’exercice “perdu.” Arnold
Schwarzenegger l’a rendu populaire dans les années 70 et, il y
a une vingtaine d’années, tous les bodybuilders — du “culto” du
week-end jusqu’aux prétendants au titre Olympia — le pratiquaient.
De nos jours, l’alternative essentielle à l’élévation
latérale debout est l’élévation à la machine.
Il est très rare de voir des pratiquants travailler le deltoïde externe
en position allongée. En fait, il est vraisemblable que la majorité des
bodybuilders actuels ignorent jusqu’à l’existence de cet exercice.
Les athlètes qui remportent plusieurs titres Olympia créent souvent
un exercice. Pour Dorian Yates, c’est le rowing barre mains en supination.
Avec la fente avant effectuée en déplacement sur toute la longueur
d’un parking, Ronnie Coleman a transformé une activité naguère
associée à l’aérobic en
un test suprême de force et d’endurance. Quant à Arnold, il
a popularisé plus d’un exercice, dont le développé qui
porte son nom. L’élévation latérale couché est
le seul mouvement qui soit tombé en désuétude pour nulle
autre raison que par paresse. Pourtant, on n’a besoin ni d’un parking,
ni d’une barre chargée de disques. On peut le réaliser dans
la plupart des salles et même chez soi. Qui plus est, la façon dont
il stresse le deltoïde est tout à fait unique. Il est temps de remettre
l’élévation latérale couché au goût du
jour!
EXÉCUTION Allongez-vous sur le côté gauche. Il est préférable
d’utiliser un banc incliné sans dossier ou une planche à abdos
relevée à 30° (on peut toutefois faire cet exercice sur un
banc incliné avec dossier ou sur un banc décliné, la tête étant
alors du côté le plus haut). Le cas échéant, on peut
utiliser un banc horizontal ou faire l’exercice au sol. Prenez une position
ferme, un haltère tenu dans la main droite. (L’haltère sera
obligatoirement plus léger que pour l’élévation latérale
debout.) Reposez l’haltère sur la cuisse droite ou, si vous voulez
une plus grande amplitude de mouvement, derrière les fessiers.
Avec le bras droit légèrement fléchi, montez l’haltère
en décrivant un demi-cercle et arrêtez-vous juste avant que le bras
n’arrive à la verticale de l’articulation de l’épaule:
au-delà, c’est l’élan et non pas le muscle qui prolonge
le mouvement. Après avoir effectué 10 à 12 reps strictes,
allongez-vous sur le côté droit et faites le même travail
avec l’haltère dans la main gauche.
Schématiquement, la position allongée permet d’inverser la
tension générée quand on fait l’exercice assis ou
debout, position où cette tension est moindre au cours de la première
partie du mouvement (lorsque l’on déplace le(s) bras plus vers l’extérieur
que vers le haut), et nettement plus importante à mesure que les bras
montent. Inversement, lors de l’élévation latérale
couché, l’haltère monte dès le début: la pesanteur
agit donc au cours de la première phase. Ce n’est que quand on arrive
en haut du mouvement que l’haltère cesse de monter et que la tension
décroît. En fait, si l’on prolongeait ce mouvement en arc
de cercle, le poids de l’haltère entraînerait le bras vers
le bas, pratiquement sans aucune tension dans le muscle.
INVERSION DU STRESS Quelque part dans les objets trouvés du bodybuilding,
on remarque également les boots d’inversion. Fixés aux pieds,
ces accessoires de torture étaient à la mode dans les années
80: ils permettaient de s’accrocher à une barre fixe, la tête
en bas. Il s’est avéré que la plupart d’entre nous
(qui ne sommes pas des chauves-souris!) n’aimaient pas particulièrement
sentir le sang s’accumuler dans la tête. Cela dit, le concept scientifique
culturiste qui sous-tendait l’invention de ces boots était bien
fondé. En effet, en modifiant la position du corps par rapport au sol
(et donc, l’effet de la pesanteur), on peut moduler la façon dont
des exercices traditionnels stressent les muscles. Par exemple, avec la tête
en bas, on peut accentuer la contraction des abdominaux.
L’élévation latérale couché repose sur le même
principe. Elle met l’accent sur les phases initiale et moyenne du mouvement
alors que les autres élévations latérales (avec haltères, à la
poulie et avec la plupart des machines) mettent l’accent sur la contraction.
Le fait que seul cet exercice inverse le stress est précisément
la raison qui doit vous inciter à l’inclure dans votre programme.
Pratiquez-le en alternance avec les élévations latérales
debout ou combinez la version debout et la version couchée, mais en réduisant
le volume (deux ou trois séries de chaque). Faisons en sorte que cet exercice
redécouvert ne soit plus délaissé. Quant à ces baggies
au design bizarroïde, il vaut mieux qu’ils restent confinés
aux oubliettes! FLEX
AUTRES EXERCICES EN DÉCUBITUS
Voici d’autres élévations qui se font en position allongée:
ÉLÉVATION FRONTALE COUCHÉ Pour reproduire,
au niveau du deltoïde
antérieur, le stress de l’élévation latérale
couché, placez-vous en décubitus dorsal sur un banc incliné.
Laissez vos bras pendre vers le sol, un haltère relativement léger
dans chaque main. Avec les coudes légèrement fléchis, montez
les haltères (alternativement ou simultanément) devant vous, selon
une trajectoire circulaire. Juste après le départ du mouvement,
quand vos mains arrivent au niveau des jambes, le stress sera beaucoup plus important
que dans la position debout et cet effet se prolongera pendant toute la phase
médiane de l’exercice. On peut également effectuer l’élévation
frontale couché sur un banc plat surélevé, soit sur le dos,
soit à plat ventre, pour stresser les deltoïdes externes depuis le
départ de chaque rep.
ÉLÉVATION LATÉRALE ARRIÈRE Pour reproduire, au niveau
du
deltoïde postérieur, le stress de l’élévation
latérale couché, allongez-vous sur le flanc gauche, sur une surface
inclinée ou horizontale. Un haltère dans la main droite, gardez
le bras légèrement fléchi et directement devant le sternum.
Ensuite, en gardant le pouce orienté vers le bas, montez l’haltère
en décrivant un arc de cercle. Arrêtez-vous avant d’arriver
en haut car la tension diminue à la contraction. Comme pour le deltoïde
externe et le deltoïde antérieur, vous sentirez la tension essentiellement
au début du mouvement et quasiment pas à la fin de la montée.
Faites toutes les reps à droite, puis passez à l’autre côté.
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