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AVRIL DEUX HEURES PAR GROUPE MUSCULAIRE
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DEUX HEURES PAR GROUPE MUSCULAIRE:
le temps nécessaire si l'on veut finir troisième à M. Olympia.
PAR GUSTAVO BADELL TROISIÉME Á M. OLYMPIA 2004
Je deviens fou à l'approche des compétitions. J'entraîne
un groupe musculaire deux heures d'affilée — c'est dur, impitoyable,
cruel — je le matraque avec une charge dont la plupart des pratiquants
n'oseraient même pas rêver tellement elle est lourde et ce, même
en période hors compétition. Pour chaque exercice de prise de masse,
je pilonne et malaxe les muscles dans tous les sens, et je fais chaque série
jusqu'à l'échec, grimaçant de douleur à en perdre
la raison — rien à voir avec ce rythme parfaitement réglé et
cadencé grâce auquel la congestion produit, tout au plus, des roseurs
de jeune fille. Mes reps ressemblent à des percussions endiablées,
pas à un bâton de majorette. |
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Même s'il ne me reste qu'une
heure 58 minutes à consacrer à ce groupe musculaire à la
fin de la première série, je ne m'économise pas pour autant.
À
chaque série, de la première à la trentième ou à la
quarantième et ainsi de suite, j'arrache chaque rep rageusement à la
force du poignet jusqu'à ce que la fatigue musculaire me terrasse, pantelant,
les yeux injectés de sang.
Voilà comment je me suis entraîné tout au long de l'année
2004 et je n'ai jamais fait une aussi bonne saison. Pour M. Olympia, j'ai encore
monté l'intensité d'un cran avec, en plus, 30 à 45 minutes
de cardio à la fin de chaque séance. C'est au-delà de ce
qu'un être humain peut supporter, me direz-vous? Au début, oui,
mais à force de me pousser ainsi, j'ai gagné en force, en énergie,
en endurance, et j'ai amélioré ma condition physique; j'ai également
boosté mon métabolisme. On a pu constater les résultats à M.
Olympia. Si le Challenge round avait duré une demi-heure de plus, j'aurais
peut-être été gagné le concours.
C'est mon besoin de prendre confiance en moi pour les concours pro qui m'a incité à élaborer
ce type d'entraînement. Je me sentais motivé, mais je tenais à me
prouver à moi-même que je pouvais atteindre une meilleure condition
physique que tous les autres professionnels. Si j'y parvenais, la masse musculaire
et la densité suivraient naturellement. Il est évident que l'on
ne peut pas entraîner un groupe musculaire deux heures d'affilée à chaque
séance; par contre, deux ou trois fois par mois, c'est possible.
Prenons, par exemple, mon programme pour le dos: je commence par quatre séries
de chins (tractions à la barre fixe, mains en supination) de huit à 12
reps chacune, ceci pour m'échauffer et m'étirer, mais pas juste
pour cela car c'est aussi un exercice pour la prise de masse, permettant d'activer
tous les muscles du haut du dos. J'effectue les reps à une cadence lente,
de manière à aboutir rapidement à l'échec musculaire.
En position basse, je m'étire de tout mon long. Je contracte ensuite le
haut des dorsaux, et ce sont ces muscles — et pas mes bras — qui
me permettent de me hisser vers le haut, position dans laquelle j'oblige mes
omoplates à faire une rotation vers l'intérieur afin de malaxer
et triturer les
rhomboïdes.
Sans me reposer, je passe au tirage vertical nuque et fais quatre séries
de 12-15 reps. La concentration est à nouveau intense: je me donne à fond
en position haute et je contracte sauvagement et totalement le haut des dorsaux
en position basse.
Je retourne ensuite à la barre fixe où j'effectue encore des tractions,
cette fois avec une ceinture lestée. J'observe une progression pyramidale
sur quatre séries: 15 reps au début, 12 pour finir. Comme les deux
exercices précédents m'ont déjà épuisé,
je dois forcer pour effectuer les dernières reps.
Maintenant, place aux exercices de base. Le rowing barre est mon préféré et
j'en fais cinq séries de 10-12 reps à pleine puissance, avec une
progression pyramidale de manière à atteindre 185 kg. J'adore les
reps explosives où je projette la barre contre mon abdomen. Plus j'entends
les disques qui s'entrechoquent, plus je me sens motivé. Tout cela, c'est
avant un concours et je suis bien obligé d'aller dans les extrêmes.
Si on s'entraîne comme à l'habitude, il ne faut pas espérer
battre ses adversaires dans une compétition professionnelle. Il faut sans
cesse faire mieux.
J'enchaîne avec le rowing à la barre en T: quatre séries
en pyramidal, en passant de 15 reps à 12. La barre en T tire plus sur
les lombaires et les reps ne peuvent pas être aussi explosives qu'au rowing
barre. Pour autant, la charge ne sera pas plus légère; je fais
juste attention à avoir une bonne prise au départ. Sans hésiter,
je fais du rowing avec la barre guidée. Là aussi, j'observe une
progression pyramidale sur quatre séries en démarrant par 15 reps;
toute la phase négative est réalisée en amplitude complète.
Je procède ensuite de la même manière pour le tirage horizontal.
Pour ce mouvement, je gonfle la poitrine et tire les épaules vers l'arrière
afin d'accentuer la contraction encore plus. J'utilise à nouveau la méthode
pyramidale pour mes quatre séries de 15-12 reps.
Enfin, je termine par le soulevé de terre! J'adore cet exercice. Il est
génial car il fait appel à la force animale pure: on peut vraiment
mesurer les progrès que l'on a réalisés. Il oblige également à bien
contrôler le mouvement. Avec le soulevé de terre, tous les muscles
du corps sont stimulés. Dans cet exercice, la sensation est parfaite.
Regardez mes lombaires; vous remarquerez leur épaisseur, bien supérieure à celle
de mes adversaires. J'ai toujours pratiqué énormément le
soulevé de terre avec des charges énormes. Cette séance à très
haut volume est tellement intense qu'à ce stade, je peux obtenir tout
le rendement voulu de cet exercice en chargeant la barre à 145 kg afin
d'effectuer quatre séries de 12-15 reps chacune.
Quand j'en suis rendu là, mon dos est tellement noué que je suis
obligé de terminer par quatre séries d'extensions au banc à lombaires
de manière à effacer les raideurs musculaires.
J'ai mal, je suis épuisé, vidé et engourdi — mais
j'ai rempli mon contrat, et j'ai l'impression d'être un surhomme un peu
cassé. Il est certain que je me suis surentraîné, mais cela
n'a de répercussion sur la prise de masse que si l'on ne mange pas assez
ou qu'on ne dort pas assez. Sinon, on peut aller au-delà de ce que l'on
pensait être ses limites et le corps suivra. FLEX
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