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DES PECTORAUX AU QUART DE TOUR
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DES PECTORAUX AU QUART DE TOUR
PAR MELVIN ANTHONY
CHAMPION US NPC 1999 EN SUPER LOURDS ET TOUTES CATÉGORIES
Le secret d’une poitrine massive
J’ai pitié des bodybuilders nés avec un physique parfait.Songez à tout ce qu’ils perdent. D’abord, vu que rien ne les
oblige à progresser, ils n’apprennent pas à résoudre
des problèmes et ne profitent donc pas de la mine d’informations
que cela leur apporterait. Deuxièmement, comme ils savent qu’il
leur suffit de rester meilleurs que les autres, ils n’éprouvent
jamais la satisfaction d’arriver à leur plus haut niveau de développement.
Le bodybuilding ne se résume pas à un désir bête et
méchant d’hypertrophie. C’est la récompense psychologique
et physique qui vient quand on surmonte les obstacles. Chez moi, mes pectoraux
et mes mollets représentaient deux groupes musculaires déficients:
c’est pourquoi, à mes débuts en compétition, je me
trouvais relégué en queue du classement. J’avais la franchise
de reconnaître mes points faibles, mais j’avais aussi assez d’amour-propre
pour vouloir être le meilleur: cela voulait dire qu’il fallait aborder
ce problème de front. Ce serait difficile. Je me mesurais à quantité de
champions professionnels, tous pourvus de magnifiques pectoraux: il fallait que
je fasse du rattrapage. En clair, si je voulais les surclasser sur ce plan-là,
je devais découvrir un secret plus efficace que celui qu’ils possédaient
peut-être.
Je me suis dit qu’en raison de la complexité de ce groupe musculaire,
de ses dimensions et de sa résistance à une contraction intense,
très peu de bodybuilders, voire aucun, obtiennent un rendement maximum
de leurs séances pour les pectoraux. Naturellement, ils martèlent
leurs pecs avec toutes les variantes possibles du développé couché et
des écartés; cependant, on doit aussi étirer, contracter,
tordre et matraquer la poitrine dans tous les sens si l’on veut développer
ce groupe musculaire dans son intégralité.
Comme je ne voulais pas sacrifier la masse à la technique — et réciproquement — j’ai
commencé il y a deux ans à intégrer ces techniques à mon
programme de base avec charges libres. Résultat? Des progrès considérables
et un bien meilleur classement aux concours. Depuis, je suis impatient d’entendre
les juges demander la pose “biceps-cage” au cours du deuxième
tour. Je leur présente un galbe parfait au centre de chaque pec et du
muscle en abondance sur toute la portion externe. J’exerce maintenant même
les parties les plus profondes de ces muscles et ce résultat, je l’ai
obtenu en suivant ce que j’appelle le principe “d’étirement-rotation”.
L’ÉTIREMENT À chaque rep, je cherche un étirement
efficace, ce qui suppose une contraction intense. Les pectoraux sont un groupe
musculaire complexe et très large. Si l’on veut qu’un exercice
en stimule même les éléments les plus cachés, il faut
exécuter chaque rep
lentement de manière à ressentir une tension dans chaque fibre
de ce groupe musculaire.
Seules les charges libres permettent d’obtenir ce résultat. Elles
garantissent des mouvements d’une amplitude naturelle; les muscles qui
interviennent dans ce groupe sont donc sollicités en plus grand nombre
si bien qu’on en étire davantage et ce, avec moins de risques.
Comme je recherche un étirement complet, j’ai ralenti la cadence
d’exécution au cours du développé incliné et
décliné avec la barre. Des reps explosives sont bonnes pour la
puissance et seront réservées au développé couché;
par contre, si l’on cherche à vraiment étirer les faisceaux
supérieur, moyen, latéral et inférieur du pectoral, l’idéal
sera le développé incliné ou décliné.
Au développé incliné avec la barre, je fais le même
travail explosif, mais j’applique une résistance lors de la phase
descendante: cela devient alors une rep négative, avec une tension continue
dans les parties supérieures et latérales des pectoraux. Une rep
dure 35 secondes en tout: c’est le temps que je mets pour freiner la descente,
faire un étirement en position basse, puis remonter de façon explosive.
Il est capital de garder le contrôle depuis le moment où l’on
dégage la barre des supports jusqu’au moment où on la remet
en place. Je ne donne jamais d’impulsion, même si c’est ce
que les muscles préfèrent. Ils n’ont qu’une envie,
c’est de monter et descendre la barre à fond la caisse — boum,
boum, boum, boum — ce qui bâtira une poitrine massive, mais dont
le développement restera incomplet. Pour atteindre chaque fibre, il faut
résister au mouvement et étirer le muscle à fond. En passant
autant de temps sur une série, en utilisant la résistance et en
faisant des étirements intenses, la fatigue musculaire est telle qu’au
bout de huit reps, je suis obligé de terminer la série par des
reps forcées.
LA ROTATION J’utilise cette technique avec les haltères. Je fais
toujours du développé couché et des écartés
classiques, mais depuis deux ans, j’essaye diverses prises en supination
et en pronation de façon à gagner en amplitude et à pouvoir
contracter intensément les parties inférieures et latérales
des pectoraux.
Au développé avec haltères, je fais une rotation externe
des poignets en haut du mouvement; la contraction est alors plus intense dans
la partie externe et inférieure du pectoral. Pour les écartés,
soit je dirige la paume des mains vers l’avant, soit j’effectue une
pronation à l’extension et une supination à la contraction.
La pronation stresse davantage les parties internes et latérales, tandis
que la supination permet une contraction maximale et intense des parties médianes
et latérales, celles-ci n’étant jamais sollicitées
dans les programmes habituels.
LE PROGRAMME J’exerce les pectoraux deux fois par semaine et je ne refais
jamais la même séance. Habituellement, je démarre par le
développé couché ou incliné avec la barre, puis je
passe au développé couché ou incliné avec haltères
et aux écartés, et je termine par le développé décliné.
Je prends le plus lourd possible sans sacrifier la correction de l’exécution
et je m’entraîne souvent à haut volume: je fais couramment
20 séries pour les pectoraux.
Avec le principe “d’étirement-rotation,” je n’insisterai
jamais assez sur l’importance d’un contrôle parfait des reps.
Aucune autre technique n’exerce un tel stress et surtout une telle tension
sur les muscles, les tendons et les ligaments. C’est ce qui explique pourquoi
j’observe une cadence lente: je m’efforce d’atteindre une tension
maximum pendant la phase négative et au moment de remonter la charge.
Avant les séries effectives, j’effectue au moins trois séries
d’échauffement sans compter les reps, en augmentant progressivement
la charge. Je fais ensuite au moins quatre séries effectives en allant
jusqu’à l’échec. Je fais tantôt 12 reps, tantôt
10; je cherche l’épuisement musculaire. Je m’efforce de ne
jamais en faire moins de 8, ce qui me prend malgré tout 25 ou 30 secondes;
je cherche une amplitude complète et un étirement intense. Je veux
que ce soit aussi difficile que possible.
PRINCIPE “ÉTIREMENT-ROTATION” AVEC LES HALTÈRES Je
vais vous révéler mon secret et décrire mes trois exercices
préférés pour lesquels cette technique donne d’excellents
résultats.
•
Développé incliné avec haltères Je cherche avant
tout un étirement et une contraction depuis la portion supéro-latérale
jusqu’à centre de la poitrine. C’est ainsi que j’ai
obtenu le galbe bien dense de la partie médiane de mes pectoraux. La majorité des
bodybuilders plaquent leurs épaules ou leurs omoplates contre le banc,
mais quand ils développent la charge, ils inclinent le buste en avant
pour pouvoir pousser davantage avec les épaules qu’avec les pectoraux.
Moi, je décolle le dos du dossier et mes épaules ne reposent pas
sur le haut du banc: mes pectoraux sont en surélévation et subissent
un étirement. Dans cette position, je ne peux pas partir en avant. En
procédant ainsi, mes omoplates se touchent presque en position basse et
je développe la charge à partir du point le plus bas. Cela m’oblige également à exécuter
le mouvement avec beaucoup de précaution et une technique parfaite.
Si je prends très lourd, je ne rapproche pas les haltères en position
haute et je les espace au maximum; pour une série légère,
je place mes deux auriculaires face à face (prise en supination), provoquant
ainsi une contraction maximale des pectoraux. Ces deux techniques permettent
de faire grossir et d’épuiser l’ensemble de la zone pectorale
et en particulier le pourtour des muscles. Pour un meilleur étirement
et une meilleure sollicitation de la partie latérale, je monte les haltères
en décrivant un grand arc de cercle.
•
Écartés incliné avec haltères Là aussi, je
décolle le dos et les épaules du dossier. Dans cette position,
l’éti-rement est plus extrême; je dois donc être particulièrement
vigilant. Les néophytes commenceront avec des charges très légères.
Il faut s’habituer à la résistance et à l’amplitude
du mouvement.
Je ne tiens pas les haltères parallèles, mais avec les paumes des
mains tournées vers l’avant, comme avec une barre, et je conserve
la même position tout au long de la série. La charge porte davantage
sur l’extérieur, le moment de la force est plus important et rend
en fait les haltères plus lourds, ce qui augmente le travail de la portion
supéro-latérale des pectoraux.
En haut du mouvement, je ne cogne pas les haltères l’un contre l’autre
et je conserve ainsi toute la tension dans la partie latérale des pectoraux.
La partie médiane est encore plus sollicitée quand je remonte les
bras.
•
Écartés à plat avec haltères Je les exécute
de façon plus traditionnelle; par contre, en position basse, je tourne
les auriculaires vers l’extérieur et je passe à une prise
en pronation d’environ 45°: ceci étire davantage les parties
inférieures et externes des pectoraux et agit également sur la
partie médiane. Quand je monte les haltères, je rentre à nouveau
les petits doigts, ce qui sollicite la partie inféro-externe des pectoraux
sur une plus grande amplitude et contracte plus fortement la portion médiane.
En position haute, je rapproche autant les haltères qu’au développé incliné,
mais sans qu’ils ne se touchent: la tension reste donc constante.
TRAVAILLEZ FUTÉ Comme vous le voyez, mes entraînements sont bien
pensés; je ne me contente pas d’aller soulever de la fonte de façon
machinale. Je dévore les résultats de toutes les recherches et
les informations concernant le bodybuilding, mais ça ne me suffit pas:
mon propre entraînement me fournit constamment un enseignement et de l’expérience.
J’explore également de nouvelles techniques comme “l’étirement-rotation”.
Il y en a qui ne feront que du développé couché pendant
un an et qui auront des pecs géniaux. C’est leur groupe musculaire
le plus réactif. Personnellement, je suis différent et il fallait
que je trouve une méthode pouvant m’assurer une croissance musculaire
toute aussi importante. Il s’est avéré que c’était
celle de “l’étirement-rotation”. Essayez-la: je vous
garantis un bien meilleur développement de vos pectoraux.
VISUALISATION
Je me représente quelqu’un doté d’un groupe musculaire
particulièrement développé et je m’efforce de parvenir
au même résultat au cours de mes séances. Flex Wheeler, Ronnie
Coleman, Jay Cutler, Arnold Schwarzenegger et Sergio Oliva ont tous des pecs
superbes, et quand je m’entraîne, je superpose mentalement leurs
pectoraux aux miens. Sans visualisation, on ne peut avoir d’objectif. Si
on n’a pas d’idole, si on ne reconnaît pas les talents des
autres concurrents sur la scène, on ne dépassera jamais le stade
où l’on se trouve déjà. Il faut avoir envie de se
surpasser. Ronnie, le meilleur d’entre nous, doit s’imaginer en train
de battre le Ronnie de l’année d’avant. Moi? Je n’en
suis pas là. Je cherche encore. FLEX
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